L'Appel du Destin
— Zoé Grimm —
Le soleil d'octobre filtre à travers les vitraux colorés du Grimoire du Chat Magique, projetant des motifs mouvants sur le plancher ancien. La poussière danse dans ces rayons comme des paillettes enchantées. Je déplace délicatement trois fioles sur l'étagère principale, leurs contenus iridescents captant la lumière. La boutique semble respirer autour de moi — un craquement ici, un soupir là.
Mystique, perchée sur le comptoir en bois sombre, fixe intensément la porte d'entrée, ses oreilles pointées vers l'avant, immobile comme une statue d'ébène.
— Qu'est-ce qui te tracasse aujourd'hui ?
Elle m'ignore superbement, sa queue noire battant l'air avec une cadence irrégulière. Bizarre. D'habitude, elle me répond au moins d'un clignement paresseux.
Le plancher craque sous mes pas alors que je me dirige vers l'arrière-boutique. Les craquements suivent un rythme presque mélodique, comme si le bâtiment lui-même réagissait à ma présence. Je ne peux réprimer un sourire — notre boutique a toujours eu sa propre personnalité, mais ces derniers temps, elle semble plus… consciente.
La chaleur des fioles fraîchement préparées réchauffe mes paumes tandis que je les range méticuleusement sur l'étagère réservée aux commandes. L'odeur d'herbes séchées imprègne l'air — sauge, lavande et un soupçon de romarin. Cette fragrance m'ancre dans la réalité, me rappelant pourquoi j'aime tant cet endroit.
— Livraison de poudre de lune pour Madame Thibault, prête. Élixir de clarté mentale pour l'étudiant du campus, terminé.
Ma voix résonne doucement contre les murs centenaires. Une habitude que j'ai prise pour garder mes pensées organisées. La boutique semble apprécier, car les lumières vacillent légèrement à chaque tâche complétée.
Un tintement de clochette annonce l'arrivée d'Ève. Sa présence illumine instantanément la pièce, comme toujours.
— Salut ma belle ! Tu es matinale aujourd'hui.
Elle dépose son sac sur le comptoir et s'approche pour m'embrasser sur la joue. Son parfum floral se mêle aux odeurs d'herbes, créant un mélange apaisant.
— J'ai eu une inspiration pour une nouvelle potion régénérante. Impossible de me rendormir.
Ses yeux bleus pétillent d'excitation. Ève et ses inspirations nocturnes — une constante rassurante dans ma vie.
— Mystique agit bizarrement ce matin, je lui confie en ajustant un pot d'écorce de saule. Elle fixe la porte comme si elle attendait quelqu'un.
Ève jette un coup d'œil à ma familière.
— Peut-être qu'elle sent quelque chose que nous ne pouvons pas percevoir. Les chats ont toujours un temps d'avance sur nous, pauvres humains.
Elle s'éloigne vers l'étagère des ingrédients frais, sa jupe violette tournoyant autour de ses jambes.
Je m'approche de Mystique et caresse son dos. Sous mes doigts, sa fourrure émet une chaleur inhabituelle. Pas fiévreuse, juste… différente. Plus intense. Elle tourne enfin son regard vers moi, ses yeux verts semblant contenir un message qu'elle ne peut transmettre.
— Qu'est-ce que tu essaies de me dire ?
Un frisson parcourt mon échine malgré la chaleur ambiante de la boutique. Le plancher craque à nouveau, mais cette fois sans rythme particulier, comme un avertissement. Les vitraux projettent momentanément des ombres plus profondes, presque inquiétantes, avant de revenir à leur luminosité dorée habituelle.
Mystique se lève soudainement, s'étire longuement, puis saute du comptoir pour se diriger vers la porte de l'arrière-boutique. Elle s'assoit devant, me fixant avec insistance.
— Je crois qu'elle veut que tu vérifies quelque chose, lance Ève en mélangeant des herbes dans un mortier.
Je me dirige vers l'arrière-boutique, suivant Mystique qui avance avec une détermination inhabituelle. Ses pattes touchent à peine le sol, comme si elle flottait plus qu'elle ne marchait. La température chute brusquement autour de nous, mon souffle formant de petits nuages de condensation.
— C'est normal cette fraîcheur soudaine ? Je ne me souviens pas avoir activé le sort de conservation.
Ève fronce les sourcils, délaissant son mortier.
— Non, j'ai vérifié les enchantements ce matin. Tout était en ordre.
Mystique s'arrête devant l'armoire à ingrédients rares, celle que nous gardons verrouillée. Sa queue fouette l'air frénétiquement, ses yeux fixés sur le troisième tiroir. Je m'agenouille à côté d'elle, perplexe.
— Tu veux quelque chose là-dedans ?
Comme en réponse, le verrou cliquette et le tiroir s'entrouvre de lui-même. Une lueur argentée s'en échappe, illuminant le museau de Mystique dont les yeux… Je me frotte les paupières. Pendant une fraction de seconde, ses iris verts ont viré au gris métallique.
— Zoé, est-ce que tu viens de… ?
Ève s'interrompt, son regard alternant entre ma familière et le tiroir.
— Oui, je l'ai vu aussi.
Je plonge ma main dans le tiroir et en retire une petite boîte en bois d'ébène que je ne reconnais pas. La sensation est étrange — le bois vibre légèrement contre ma paume, comme animé d'une énergie propre.
— C'est à toi ? Je ne l'ai jamais vue.
Ève secoue la tête, s'approchant avec précaution.
— La boutique fait encore des siennes. Les objets qui apparaissent quand on en a besoin…
Avant que je puisse l'ouvrir, Mystique bondit sur le comptoir principal, renversant plusieurs fioles vides. Le bruit de verre qui s'entrechoque résonne dans toute la boutique. Elle fixe la porte d'entrée avec une intensité presque effrayante.
— Quelque chose ne va pas, je murmure en reposant la boîte.
L'air s'épaissit autour de nous, chargé d'une électricité statique qui fait dresser les cheveux sur ma nuque. Les herbes suspendues au plafond se mettent à osciller doucement, sans qu'aucun courant d'air ne les perturbe.
— Tu crois que Mystique a développé des pouvoirs psychiques ? plaisante Ève, mais sa voix trahit une nervosité inhabituelle.
Les livres sur l'étagère principale se réorganisent silencieusement. Un grimoire ancien sur les présages et les augures glisse jusqu'au bord, comme pour attirer notre attention. Les lumières vacillent, baissant d'intensité avant de revenir à la normale.
— Je pense que toute la boutique essaie de nous dire quelque chose, je réponds en m'approchant de la porte.
La clochette suspendue au-dessus de l'entrée se met à tinter doucement, bien que la porte reste fermée. Le son résonne plus longtemps que d'habitude, vibrant dans l'air comme un avertissement.
— Quelqu'un arrive, souffle Ève.
À cet instant précis, la température chute encore davantage. Mon souffle forme maintenant de véritables nuages devant mon visage. Mystique émet un miaulement grave, presque un grognement.
La clochette tinte à nouveau, plus fort cette fois.
La clochette de l'entrée tinte avec violence, comme si quelqu'un l'avait délibérément secouée. La porte s'ouvre d'un coup, laissant entrer une bourrasque d'air froid qui balaye les feuilles séchées sur le plancher. La silhouette imposante de Dylan Hunter se découpe dans l'encadrement, ses épaules larges occupant presque tout l'espace. Derrière lui, une seconde silhouette, plus grande encore, attend dans l'ombre.
— Grimm, j'ai besoin de ton expertise.
Sa voix grave résonne contre les murs centenaires. Ce n'est pas une demande, c'est un ordre. Typique de Dylan.
— Bonjour à toi aussi, Dylan. Toujours aussi poli à ce que je vois.
Je croise les bras, tentant de masquer mon irritation. Dylan ne vient jamais sans raison, et ses visites annoncent rarement de bonnes nouvelles.
Il s'avance dans la boutique, son regard scrutant chaque recoin comme s'il cherchait des menaces invisibles. Les planchers craquent sous ses pas lourds, mais d'une manière différente — presque méfiante.
— J'ai une mission pour toi. Importante.
C'est alors que l'homme derrière lui entre dans la lumière. Grand, musclé, avec des cheveux bruns et un visage aux traits bien définis. Nos regards se croisent.
Une décharge électrique me traverse de la tête aux pieds. Mon souffle se bloque dans ma gorge. La sensation est si brutale que je recule d'un pas, heurtant l'étagère derrière moi. Plusieurs fioles tintent dangereusement.
— Voici Nash Carter, mon nouveau collaborateur. Il t'assistera pour cette mission.
Je n'entends presque pas les mots de Dylan. Quelque chose dans les yeux de cet homme — bleus, mais avec des reflets ambrés étranges — me captive et m'effraie simultanément. C'est comme s'il voyait à travers moi, au-delà des barrières que j'ai passé des années à construire.
— Enchanté, Zoé.
Sa voix est profonde, presque enveloppante. Il tend sa main vers moi. J'hésite une fraction de seconde avant de la serrer.
Une chaleur intense irradie de sa paume à la mienne, remontant le long de mon bras comme une vague brûlante. Ce n'est pas désagréable — juste… bouleversant. Complètement inattendu.
— Tu… Comment connais-tu mon prénom ?
Mystique saute soudainement du comptoir, atterrissant silencieusement entre nous. Son dos est arqué, sa queue gonflée. Elle fixe Nash avec une intensité que je ne lui ai jamais vue, émettant un son qui n'est ni un feulement ni un ronronnement — quelque chose d'entièrement nouveau.
Nash baisse les yeux vers elle et, pendant un instant, je jurerais entendre un grondement sourd émanant de sa poitrine. Si bas que c'est presque imperceptible, mais Mystique l'a clairement entendu. Ses oreilles pivotent vers l'avant, attentives.
Les étagères autour de nous vibrent légèrement. Les herbes suspendues au plafond oscillent sans vent. Même les flammes des bougies semblent s'étirer dans la direction de Nash, comme attirées par sa présence.
— Dylan m'a parlé de vous, répond-il finalement, détachant son regard de Mystique pour revenir à moi.
Mais son explication sonne faux. Dylan ne « parle » jamais de ses collaborateurs. Il donne des ordres, des informations, des directives — jamais des anecdotes personnelles.
Ève s'approche, posant une main rassurante sur mon épaule.
— Alors, quelle est cette mission si importante ?
Dylan sort une fiole de sa poche. Le liquide à l'intérieur tourbillonne d'une façon que je reconnais immédiatement — une empreinte magique.
— Simon « Sauvage » s'est échappé. Encore. Je veux que tu le retrouves.
Le regard de Dylan s'assombrit tandis qu'il serre la fiole entre ses doigts. L'empreinte magique tourbillonne plus vivement, comme si elle réagissait à sa colère contenue.
— Pas ici, dit-il en jetant un coup d'œil vers la boutique principale. On doit parler en privé.
Je lance un regard à Ève qui hoche imperceptiblement la tête. Elle comprend le message : surveiller la boutique pendant mon absence.
— Par ici.
Je les guide vers l'arrière-boutique, chaque pas faisant gémir le plancher sous nos pieds. Ces craquements n'ont rien d'ordinaire — ils s'intensifient comme si le bâtiment lui-même protestait contre la présence de Dylan. Ou peut-être contre ce qu'il s'apprête à me dire.
Mystique nous suit, sa queue fouettant l'air avec agitation. Elle ne quitte pas Nash des yeux, comme si elle attendait qu'il fasse un faux mouvement.
Une fois la porte refermée, Dylan pose la fiole sur la table centrale. La lumière des bougies traverse le liquide, projetant des ombres dansantes sur les murs.
— Simon « Sauvage » s'est échappé hier soir. Troisième évasion cette semaine.
Mon estomac se noue. Simon. Le loup-garou que j'avais traqué il y a six mois pour La Guilde. Un prédateur vicieux qui s'attaquait aux humains les nuits de pleine lune.
— Comment est-ce possible ? La Prison Paranormale est censée être inviolable.
— Plus maintenant, apparemment.
Dylan croise les bras, ses épaules tendues sous sa veste en cuir.
— Il y a quelque chose qui cloche. Des prisonniers s'évadent presque chaque semaine maintenant. Toujours des métamorphes. Toujours sans laisser de traces.
Nash s'appuie contre le mur, ses yeux changeant subtilement de couleur sous la lumière vacillante — du bleu à l'ambre, puis retour au bleu.
— Et Simon te connaît, ajoute-t-il. Il sait que c'est grâce à toi qu'il a été capturé la première fois.
Un frisson glacé descend le long de ma colonne vertébrale.
— Il va chercher à se venger ?
Dylan s'avance, le plancher gémissant sous son poids.
— C'est presque certain. Mais ce n'est pas tout.
Il s'arrête, son regard s'assombrissant davantage. L'air s'épaissit autour de nous, chargé de non-dits.
— J'ai une proposition pour toi, Zoé.
Mon cœur s'accélère. Dylan n'est pas du genre à marchander. Il ordonne, il exige — il ne propose jamais.
— Je t'écoute.
— Retrouve Simon, et je te donnerai des informations sur tes parents.
Le monde s'arrête. Mon souffle se bloque dans ma poitrine. Une vague de chaleur puis de froid déferle sur moi, me laissant étourdie.
— Mes… mes parents ?
Ma voix n'est qu'un murmure étranglé. Je m'agrippe au bord de la table, mes jambes soudain faibles.
— Tu m'as bien entendue.
Son visage reste impassible, mais ses yeux trahissent quelque chose — de la culpabilité ? Du regret ? Impossible à dire.
Nash se redresse, échangeant un regard rapide avec Dylan. Un message silencieux passe entre eux, quelque chose que je ne peux déchiffrer.
— Tu as toujours prétendu ne rien savoir sur eux, je siffle, la colère remplaçant peu à peu le choc initial. Pendant toutes ces années…
— Je n'ai jamais dit que je ne savais rien. J'ai dit que ce n'était pas le moment.
Les craquements du plancher s'intensifient, résonnant comme des coups sourds. Les fioles sur les étagères tintent légèrement, vibrant en harmonie avec ma rage grandissante.
— Et maintenant c'est le moment ? Parce que tu as besoin de moi ?
Dylan ne cille pas.
— Exactement.
Je serre les poings si fort que mes ongles s'enfoncent dans mes paumes. La douleur me ramène à la réalité, m'empêchant de céder complètement à la fureur qui bouillonne en moi.
— Qu'est-ce qui me garantit que tu tiendras parole cette fois ?
— Rien du tout, répond-il avec une franchise brutale. Mais c'est ta seule chance d'en savoir plus.
Je sens le regard de Nash peser sur moi. Quand je me tourne vers lui, je suis surprise par l'intensité de son expression — comme s'il comprenait parfaitement mon dilemme, ma douleur.
— Darian et Thélia Grimm, dit doucement Dylan. Des noms que tu n'as probablement jamais entendus. Tes parents.
Ces noms résonnent en moi comme un écho lointain. Un souvenir enfoui qui tente de refaire surface.
Les noms résonnent dans ma tête comme un gong. Darian et Thélia Grimm. Je les répète silencieusement, testant leur sonorité, cherchant une connexion, un souvenir, n'importe quoi. Mais seul le vide me répond.
— Zoé ? m'appelle Ève depuis la porte entrouverte, son visage tendu d'inquiétude.
Je me ressaisis, redressant les épaules. Dylan me manipule, comme toujours. Mais cette fois, j'ai quelque chose à y gagner.
— J'accepte ta mission, Dylan. Mais je veux des garanties.
Il hausse un sourcil, visiblement surpris par mon assurance.
— Des garanties ?
— Des informations concrètes sur mes parents. Pas juste leurs noms. Des documents, des photos, leur histoire. Tout ce que tu as.
Mes doigts effleurent la fiole contenant l'empreinte magique de Simon. Le liquide tourbillonne plus vivement à mon contact, comme s'il reconnaissait ma signature magique.
— Après la capture, tu auras un dossier complet, concède Dylan avec une réticence évidente.
Nash s'écarte du mur, s'approchant de moi avec une grâce féline qui contraste avec sa stature imposante.
— Il y a autre chose que tu dois savoir, Zoé.
Sa voix profonde enveloppe mon prénom d'une façon qui me fait frissonner.
— Je ne suis pas juste là pour t'assister. Je suis là pour te protéger.
Je recule d'un pas, mon dos heurtant l'étagère derrière moi.
— Me protéger ? Je sais parfaitement me défendre.
Dylan intervient, son ton ne laissant place à aucune discussion.
— Simon est dangereux, plus que tu ne le penses. Et il n'est pas seul. Nash reste avec toi jusqu'à ce que cette affaire soit réglée.
— Quoi ? Dans ma boutique ?
Les bocaux sur les étagères tremblent légèrement, reflétant ma colère soudaine.
— Exactement, confirme Dylan en se dirigeant déjà vers la sortie. Carter est l'un de mes meilleurs agents. Et il a… des compétences particulières pour ce genre de situation.
Ève s'avance, posant une main apaisante sur mon bras.
— Zoé, peut-être que ce n'est pas une si mauvaise idée. Si ce Simon est vraiment après toi…
Je la fusille du regard, mais elle ne recule pas. Au fond, je sais qu'elle a raison, mais l'idée d'avoir un étranger dans mon espace, dans ma vie…
— Bien, je cède finalement. Mais il dort sur le canapé de la boutique, pas dans l'appartement.
Nash acquiesce, un léger sourire aux lèvres.
— Ça me convient parfaitement.
Dylan atteint la porte principale, sa silhouette massive se découpant contre la lumière du jour.
— Une dernière chose, Grimm. Fais vite. La pleine lune est dans trois jours.
La clochette tinte à son départ, le son résonnant plus longtemps que d'habitude, comme un avertissement. La porte se referme, nous laissant dans un silence pesant.
Je me tourne vers Nash, l'examinant vraiment pour la première fois. Sa présence remplit l'espace d'une manière indéfinissable. Ce n'est pas juste sa taille — c'est quelque chose de plus primitif, plus instinctif.
— Alors… par où commence-t-on ? demande-t-il, son regard balayant la boutique avec curiosité.
Avant que je puisse répondre, Mystique saute sur le comptoir, s'installant précisément entre Nash et moi. Elle s'assoit, queue enroulée autour de ses pattes, nous observant tour à tour avec une intensité troublante.
— On dirait que ta chatte a décidé d'établir les règles, remarque Nash avec un sourire en coin.
Je m'apprête à corriger son erreur — Mystique n'est pas une simple chatte — quand je remarque quelque chose d'étrange. Les étagères derrière le comptoir se sont subtilement réorganisées, créant un petit espace de travail qui n'existait pas cinq minutes plus tôt. Un fauteuil en cuir usé que je ne reconnais pas est apparu dans le coin, parfaitement positionné pour surveiller à la fois l'entrée et l'arrière-boutique.
La boutique s'adapte à sa présence. Sans mon autorisation.
— Bon, dis-je en saisissant la fiole d'empreinte magique. Commençons par préparer le rituel de traçage. Plus vite on retrouvera Simon, plus vite tu pourras… partir.
Ève échange un regard avec moi, un mélange de préoccupation et de curiosité dans ses yeux bleus.
— Je vais chercher la carte et le cristal, propose-t-elle avant de disparaître dans l'arrière-boutique.
Nash s'approche du comptoir, s'arrêtant à une distance respectueuse de Mystique qui n'a pas bougé d'un poil.
— Tu sais, Zoé, je crois que toi et moi, on va former une équipe intéressante.
La clochette au-dessus de la porte tinte doucement, sans raison apparente. Comme si la boutique elle-même approuvait.